Dimensions : 73 x 88,5 cm
sur le châssis, une étiquette de dépôt en papier du Musée national de Varsovie ainsi que deux étiquettes d'exposition ; numéro inscrit sur le châssis : « 146 » ; étiquette d'exposition en papier
Provenance
collection des héritiers de l'artiste
collection privée, Pologne
Exposé
Dans le cercle des artistes de Pruszków. Bolesław Cybis et ses amis, DESA Unicum, du 5 au 22 août 2024
Varsovie – Moscou 1900-2000, Galerie nationale d’art Zachęta à Varsovie, novembre 2004 – janvier 2005, Galerie nationale Tretyakov à Moscou, mars-juin 2005
Bolesław Cybis 1895-1957. Peinture, dessin, sculpture. Œuvres des années 1920 et 1930, Musée national de Varsovie, du 20 septembre au 3 novembre 2002
Exposition de peintures et de dessins de Bolesław Cybis, Musée régional de Toruń, Kamienica pod Gwiazdą, du 6 mai 1984 au 15 mai 1985
Exposition d'art polonais contemporain (en russe : « Wystawka sovremennovo polskovo iskustva »), Galerie du Tretyakov à Moscou, 1933
Bibliographie
Dans le cercle des « Pruszkowiens ». Bolesław Cybis et ses amis, sous la direction de Michał Szarek, Varsovie 2024, p. 123-127, n° de catalogue 37 (ill.), illustré en couverture
Varsovie – Moscou 1900-2000, catalogue d’exposition, Galerie nationale d’art « Zachęta » à Varsovie, Galerie d’État Tret’jakov à Moscou, direction scientifique : Maria Poprzęcka, Lidia Jowlewa, Varsovie 2004, p. 228 (ill.)
Bolesław Cybis 1895-1957. Peinture, dessin, sculpture. Œuvre des années 1920 et 1930, catalogue d’exposition, sous la direction d’Anna Prugar-Myślik, Musée national de Varsovie, Varsovie 2002, p. 104 (ill.), n° cat. I/45
Photographie d'archive de l'exposition de 1984-1985 montrant le tableau, photo : Z. Siewak, archives du Musée régional de Toruń
Exposition d'art polonais contemporain, catalogue d'exposition, Galerie du Tretyakov à Moscou, Moscou 1933, n° 20
Biographie
Il est né dans une famille aisée, au domaine de Massandra situé en Crimée. Au cours de sa petite enfance et de sa jeunesse, il a souvent changé de lieu de résidence avec ses parents. Il a séjourné à Grodno et à Yalta, et a fait ses études à l’École réelle de Vilnius. À partir de 1911, il vécut à Saint-Pétersbourg. Un an plus tard, sa famille s’installa à Kharkiv, où débuta la première période importante de la vie du futur artiste. Jusqu’en 1915, il fréquenta l’École réale du professeur Burakov. Puis, jusqu’en 1918, il étudia à l’École des Beaux-Arts de Kharkiv. Déjà à cette époque, il s’inspirait fortement des acquis de l’avant-garde russe. Outre la peinture, il se consacrait principalement à la sculpture et à la décoration scénique des théâtres locaux. En 1917, il rejoignit les rangs d’un groupe prônant les idées du cubo-futurisme, appelé « l’Union des Sept ».
La consolidation du pouvoir soviétique et son expansion ont contraint le jeune Cybis à s’enfuir. Le 6 septembre 1919, il quitta Kharkiv et, en passant par Théodose, rejoignit Istanbul. C’est alors qu’une nouvelle période de sa carrière commença. Dans l’ancienne Constantinople, il noua des liens étroits avec d’autres immigrants russes liés aux courants d’avant-garde. Il vivait dans la pauvreté et avait du mal à subvenir à ses besoins. Il gagnait principalement sa vie en peignant des enseignes pour des cafés et des théâtres. Il fabriquait également des pipes en céramique. C’est de cette époque que datent ses premières œuvres graphiques connues aujourd’hui. En raison du manque de matériel, Cybis utilisait souvent les deux faces de la feuille de papier. Il peignait principalement des nus et des études anatomiques, ainsi que des scènes de la pègre métropolitaine : des vues de maisons closes et de bars de bas étage.
À partir du 20 juillet 1923, l’artiste est déjà répertorié à Varsovie. Au départ, il réside sur la place des Trois Croix. Il travaille alors dans l’atelier de céramique d’Andrzej Wojnacki et de Kazimierz Czechowski, rue Czerniakowska, où il réalise très probablement des décorations peintes. À partir de septembre, il assiste, en tant qu’auditeur libre, aux cours de l’École des Beaux-Arts de Varsovie. Il étudie la peinture dans l’atelier de Tadeusz Pruszkowski et les arts graphiques auprès de Władysław Skoczylas. En 1924, il participe pour la première fois à une session de peinture en plein air à Kazimierz Dolny, sur les rives de la Vistule. L’année 1925 marque un tournant dans la vie privée et professionnelle de Cybis. Il épouse Maria Tym. Le jeune couple s’installe dans une travée du pont Poniatowski, près duquel travaille le père du peintre. Grâce à une bourse, Cybis part pour Paris, où il visite l’Exposition universelle des arts décoratifs. Il participe à une nouvelle session de peinture en plein air à Kazimierz Dolny et, à son retour, avec d’autres collègues, sous la houlette du gourou artistique Pruszkowski, il fonde la « Confrérie de Saint-Luc », l’un des groupes artistiques les plus importants de la Pologne de l’entre-deux-guerres. À l’hiver 1925-1926, il séjourne au domaine de Soboty chez son ami Jan Stokowski. Il s’inspire fortement du folklore de la région de Łowicz, ce qui se reflète dans ses compositions représentant des paysans et des femmes de Łowicz en costumes folkloriques colorés. En 1927, il entame la construction de la « Placówka » à Młociny, où doivent se trouver sa maison ainsi qu’un atelier réunissant d’autres artistes. Dès le milieu des années 1920, il commence à s’inspirer du courant allemand de la Neue Sachlichkeit (Nouvelle Objectivité). Sous son influence, il crée des compositions au caractère onirique : des personnages de mannequins ou des paysages avec des arbres desséchés. En 1928, Cybis peint « La Femme qui se coiffe ».
En 1930, accompagné de sa femme et d’un ami, Jan Zamoyski, lui aussi peintre, il entreprend un long voyage. L’itinéraire de ce périple les mène de Vienne à la Sicile en passant par l’Italie continentale. Il s’achève en Afrique du Nord, où les voyageurs visitent Tunis et Tripoli. De nombreuses esquisses et dessins voient le jour au cours de cette expédition. À son retour à Varsovie, il réalise toute une série de peintures à l’huile. L’artiste se lance alors dans des expérimentations sur la texture. Il introduit des éléments tridimensionnels dans ses compositions. C’est en 1936 que naît l’iconique « Primavera ». Dans les années 1930, l'artiste s'oriente de plus en plus vers la peinture monumentale. En 1939, il part pour les États-Unis afin d’y décorer le Pavillon polonais préparé pour l’Exposition universelle. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale retient le couple outre-Atlantique. Cybis et son épouse restent définitivement aux États-Unis. En 1942, à Trenton, dans l’État du New Jersey, ils ouvrent l’usine Cordey China Inc. ainsi que le studio expérimental Cybis Porcelain Art, rattaché à celle-ci, où ils se consacrent à la céramique. Cette activité apporte aux Cybis des revenus considérables et la renommée. L'usine, quant à elle, continue de fonctionner longtemps après le décès du couple.





