« Red Petals » de Salvatore Testa, huile sur toile de coton Pieraccini, 55 x 70 cm. Salvatore Testa, septembre 2026, Naples. Châssis de 5,5 cm. Le nu n’est qu’un prétexte pour créer la magie du clair-obscur et de la couleur. Je ne m’intéresse pas à la grâce des postures ou des visages, et encore moins au charme et à la sensualité des sujets. Je déforme et modifie profondément les expressions ; je ne pourrais jamais créer un tableau si les expressions n’étaient pas exactement celles que j’ai en tête, car elles sont un vecteur de pensée, contrairement au charme physique. Le nu est notoirement le sujet le plus difficile en peinture, car il renferme toutes les couleurs de la palette et n’est en aucun cas rose, comme le croient les débutants, qui feraient mieux de le considérer comme un gris. À l’inverse, les fruits ou les fleurs présentent des couleurs très simples et identifiables ; de plus, les fruits, les fleurs et les paysages offrent une grande marge d’erreur dans les tons, puisqu’une certaine imprécision peut toujours trouver sa justification dans la variabilité de la nature. Dans le nu, en revanche, cette marge d’erreur est nulle : il faut trouver le ton parfait dans les ombres et les transitions de clair-obscur, sinon l’image ressemble à une simple esquisse. Ma toile « Pétales rouges » représente deux amies qui semblent poser, ou peut-être avoir été saisies par hasard dans un lieu surréaliste. La bande noire horizontale suggère la présence d’un mur, rendant ambigu le fait de savoir si les pétales sont dessinés sur le papier peint ou s’ils tombent, et c’est précisément pour cette raison que cela fonctionne. La symétrie de l’arrière-plan confère en soi un ordre intelligent des choses, un ordre géométrique utile pour contrebalancer la sensualité, qui n’est pas recherchée mais reste inévitable dans un nu.