Lithographie sur papier vélin, composition de 42 x 33 cm, encadrée dans un cadre de 78 x 58 cm
Édition limitée, numérotée au crayon 44/100 l.d
Signé d'après la planche « Magritte » en bas à droite
Cachet sec S.P.A.D.E.M. Paris
Cachet sec de l'éditeur Editioni Aro Arte
Éditeur : Editioni Aro Arte
Exemplaire portant le cachet à sec SPADEM Paris ainsi que le cachet à sec de l'éditeur Editioni Aro Arte. L'œuvre provient d'une édition sous licence publiée après le décès de l'artiste. La SPADEM (Société de la Propriété Artistique des Dessins et Modèles) était un organisme français chargé de gérer les droits d’auteur des créateurs et de leurs héritiers, ce qui atteste de l’origine légale de cette édition.
Lithographie d’une œuvre extrêmement intrigante de René Magritte intitulée « La bonne foi » (La bonne foi) de 1965. Cette œuvre s’inscrit parfaitement dans l’univers du maître belge du surréalisme, tout en constituant un lien génial entre ses motifs les plus emblématiques.
Magritte a bâti sa carrière sur la provocation. Tout le monde connaît son tableau « La trahison des images » de 1929, sur lequel figurait une pipe parfaitement peinte et la légende : « Ceci n'est pas une pipe ». L’artiste nous rappelait alors, avec un sourire ironique, que la représentation d’un objet n’est pas l’objet lui-même : on ne peut ni la remplir de tabac ni l’allumer.
À la fin de sa vie, dans *De bonne foi*, Magritte a décidé d’aller encore plus loin. Au lieu d’écrire « ce n’est pas une pipe », il l’a simplement suspendue dans les airs, à la hauteur du nez du personnage. Non seulement la pipe cache le visage, mais elle lévite littéralement, devenant ainsi un masque surréaliste.
Cette œuvre est la petite sœur directe de l’œuvre la plus célèbre de Magritte : *Le Fils de l’homme*(1964). Dans *Le Fils de l’homme* , le visage d’un fonctionnaire coiffé d’un chapeau melon était masqué par une pomme verte ; dans *De bonne foi* (peinte un an plus tard), le mécanisme est exactement le même, mais la pomme cède la place à la pipe mentionnée plus haut.
Magritte adorait ce procédé. Il expliquait que tout ce que nous voyons cache toujours autre chose, et que nous aspirons inconsciemment et désespérément à voir ce qui nous est dissimulé. L’homme au chapeau melon – incarnation du citoyen lambda et banal (ainsi que l’alter ego du peintre lui-même, qui s’habillait toujours comme un fonctionnaire) – devient ainsi l’énigme de tous les temps. Il est à la fois présent et totalement insaisissable. Magritte est devenu un génie de la culture populaire qui a fait en sorte que ces tableaux s’ancrent dans la mémoire collective. Cette œuvre est devenue une icône de la culture pop – on la retrouve notamment dans le film *L’Affaire Thomas Crown*, où l’on voit une image multipliée de Magritte, avec des personnages se déplaçant au rythme de la chanson « Sinnerman » de Nina Simone, ou encore dans de nombreuses parodies des *Simpsons*. Magritte a réussi à créer une œuvre à la fois banale et profondément troublante.
L’œuvre « La Bonne foinie » est un pur exemple de surréalisme, mais aussi le symbole de l’une des intrigues les plus élégantes et les plus brillantes de l’histoire du cinéma. Un sujet devant lequel aucun amateur d’art et de bon cinéma ne restera indifférent !



