86 x 61,5 cm - huile, acrylique, carton
signé à l'huile au verso : Sempoliński | 4 avril 1995 | Tête | du crucifié
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Jacek Sempoliński (Varsovie, 27 mars 1927 – Varsovie, 30 août 2012) – peintre, dessinateur, pédagogue, critique et essayiste. De 1943 à 1944, il a étudié la peinture à l’école clandestine Konrad Krzyżanowski à Varsovie. Après la guerre, il a étudié la peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie sous la direction, entre autres, d’Eugeniusz Eibisch (1946-1951, diplôme en 1956). Depuis 1956, il enseigne dans son université d’origine. Au départ, parallèlement à la peinture sur chevalet, il s’adonnait à la scénographie et à la fresque. Entre 1953 et 1957, il a réalisé les polychromies des maisons en cours de restauration dans la Nouvelle Ville et la Vieille Ville de Varsovie.
L’œuvre picturale de Sempoliński doit être replacée dans le contexte de deux phénomènes de l’art polonais d’après-guerre : la tradition du colorisme polonais et l’éthos de la génération de l’ARSENAŁ 55. Si l’école kapiste a imprégné sa peinture de ce que l’on appelle la « culture de l’image », l’expérience de l’Arsenal y a quant à elle ajouté du dramatisme et a fait en sorte que les valeurs morales et éthiques y occupent une place équivalente à celle des valeurs formelles.
Dans ses séries de la seconde moitié des années 50 (« Orgues », « Viola da Gamba », « Composition avec trompette »), l’artiste faisait référence à la musique, y puisant des motifs iconographiques tout en la considérant comme un univers symbolique. À partir des années 1960, il a associé des motifs tirés de ses études de paysages et d’architecture à des solutions chromatiques et texturales proches de l’abstraction allusive (cycles « Łysica », « Les ormes de Mąchocice »). Dans les années 70, il s’est concentré sur les problématiques abstraites de la couleur, de la lumière, de l’espace pictural et de la texture (cycles « Światło i mrok », « Łąka – zachód słońca », « Studium przestrzeni »).
À partir de la fin des années 70, des thèmes existentiels dramatiques apparaissent dans la peinture de Sempoliński, exprimés par un changement de palette (bleus sombres, violets, gris froids) et par la destruction physique des toiles. Ses nouvelles séries : « Le Visage » (à partir de 1971), « La Crucifixion » (à partir de 1975), « La puissance du destin de Verdi » (1977) et « Le crâne » (à partir des années 80) abordent des problématiques liées à la religion, à la culture et à la philosophie de l’existence. Ces œuvres, qui témoignent d’expériences et de réflexions profondes, s’inscrivent dans la période de remise en question des années 80. L’attitude affichée par Jacek Sempoliński à cette époque lui a valu d’être considéré comme une référence tant sur le plan artistique que – grâce à ses nombreuses interventions, essais, etc. – sur le plan intellectuel. C’est de la période de l’état d’urgence que date son engagement au sein du mouvement culturel indépendant, qui trouvait son soutien dans l’Église. Il a participé à de nombreuses expositions de ce courant, notamment aux installations mémorables de Janusz Bogucki et Nina Smolarz (« Le Signe de la Croix », paroisse de la rue Żytnia, Varsovie 1983, « Labyrinthe – Espace souterrain », église de l’Ascension, Varsovie, 1989), de Marek Rostworowski (« Un nouveau ciel et une nouvelle terre ? », paroisse de la rue Żytnia, Varsovie, 1985) et d’autres encore.
Sélection d’expositions et de prix : 1955 - Exposition nationale des jeunes artistes, Arsenał, Varsovie (prix d’égalité) 1976 - Prix Jan Cybis, Varsovie 1986 - Prix Frère Albert, Varsovie