Sławomir Mieleszko (1938, Nowy Świerżeń – 2021, Varsovie), Maternité
Plâtre patiné, 23 x 13 x 11 cm.
Pièce unique.
La sculpture provient de la collection des héritiers de l'artiste.
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Sławomir Andrzej Mieleszko – sculpteur, peintre, professeur d’université. Il est né le 30 avril 1938 à Nowy Świerżeń, dans la voïvodie de Nowogódz (aujourd’hui en Biélorussie). Il était issu d’une famille à l’histoire exceptionnellement longue et glorieuse, remontant à une époque antérieure à la fondation de la dynastie des Jagellons : l’un de ses ancêtres, Jan Mieleszko, était un descendant direct de Gediminas ; il faisait partie de la suite qui accompagnait les entremetteurs envoyés par Jagiełło auprès de Hedwig. Le destin de la famille resta indissociable de l’histoire de la Pologne.
En 1939, les parents de l’artiste, menacés de déportation, réussirent à fuir devant l’avancée des troupes soviétiques : avertis par des cheminots, ils partirent par le dernier convoi en direction de Varsovie. Ils s’installèrent dans une maison forestière près de Zambrów, où ils cachèrent une famille juive.
En 1946, la famille s’installa dans les environs de Lublin. En 1957, Sławomir Mieleszko a commencé ses études à l’École supérieure d’arts plastiques de Poznań, au département de sculpture. En 1963, il a obtenu son diplôme dans l’atelier du professeur Bazyle Wojtowicz.
Après ses études, l’artiste s’installa d’abord à Świdnik, puis à Lublin. En 1975, il a pris ses fonctions à l’Institut d’éducation artistique de l’UMCS, dont il a été l’un des fondateurs, puis le directeur pendant de nombreuses années. Il a travaillé au sein de cet établissement jusqu’aux années 2000, en tant que professeur au département de sculpture monumentale.
Le professeur Sławomir Mieleszko est l’auteur de plusieurs centaines de sculptures, dont des sculptures en plein air et des monuments commémoratifs rendant hommage à des événements de l’histoire de la Pologne. Il s’agit notamment du Monument à la Confédération de Tyszowce (Tyszowce, 1964), le Monument aux Partisans (Tomaszów Lubelski, 1966), le Monument aux Enfants de la région de Zamość (Lublin, 1969), le Monument de la Victoire (Radzyń Podlaski, 1970), le Monument « À la gloire du soldat polonais » (Świdnik, 1975), le Monument du martyre des Juifs de Lublin (Lublin, 1985) et le Monument à Tadeusz Kościuszko (Chełm, 1982).
Dans les années 90, l’artiste s’est également tourné vers la peinture. Son œuvre est dominée, d’une part, par des paysages idylliques, qui renvoient à la tradition de la peinture polonaise des XIXe et XXe siècles, et, d’autre part, par des portraits juifs. Leur origine pourrait trouver sa source dans l’histoire de la famille pendant la guerre – peut-être que Sławomir, alors âgé de quelques années, a conservé de vagues souvenirs de cette période où sa famille risquait sa vie en offrant refuge à des Juifs. Il ne fait aucun doute que les récits de cette époque ont été maintes fois répétés au sein de la famille, d’autant plus qu’après la guerre, on a voulu décerner à la mère de l’artiste la médaille des « Justes parmi les nations » – mais elle refusa de l’accepter, arguant qu’elle n’avait pas aidé pour obtenir des récompenses, mais par instinct du cœur et par sens de la décence. De plus, la famille vivait à Lublin – une ville où existait, avant la guerre, une communauté juive très importante. Après la guerre, il ne resta donc qu’un vide, comblé uniquement par la présence sinistre, toute proche, de l’ancien camp de concentration de Majdanek.
Ces portraits anonymes de hassidim, dépourvus de tout élément anecdotique, comme suspendus dans le vide, constituent peut-être une galerie de ces personnes aujourd’hui disparues qui habitaient Lublin avant la guerre. Quant aux portraits sombres de personnages tragiques – un enfant en larmes, une femme en haillons, une fillette aux joues creusées –, ils font sans l’ombre d’un doute référence aux drames de la guerre. Les thèmes de guerre constituent d’ailleurs un pont entre la peinture de l’artiste et son œuvre sculpturale. On les retrouve non seulement dans les monuments monumentaux, mais aussi dans des formes plus modestes, par exemple dans les bas-reliefs en bronze présentés lors de la vente aux enchères (n° 29 « La Guerre » et n° 30 « Les enfants du ghetto de Varsovie »).
Sławomir Mieleszko a présenté ses œuvres lors d’une quinzaine d’expositions individuelles et de nombreuses expositions collectives. Il a remporté de nombreux prix et distinctions lors de concours de sculpture. Il a également reçu de nombreux prix et distinctions, notamment le Prix du ministre de la Culture et des Arts pour l’ensemble de son œuvre, la Croix de chevalier de l’Ordre de la Renaissance polonaise et la médaille du ministre de l’Éducation nationale. Sławomir Mieleszko est décédé le 13 mai 2021 à Varsovie.
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